Mode Fashion Ethnique
Decryptage
Mode: les mannequins noirs, perles rares sur les podiums | Mode: les mannequins noirs, perles rares sur les podiums |
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| Écrit par Pam Nianganaute Addict | |
| 01-11-2007 | |
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Dans un monde de la mode toujours très marqué par la beauté blanche, Adama reste une exception. A 16 ans, elle vit à Rouen avec deux petits frères, un père qui travaille dans le monde associatif et une mère femme de ménage. Elle est inscrite en seconde, ira "jusqu'au bac au cas où mannequin, ça ne marche pas". Et sera "puéricultrice" s'il faut faire autre chose, tout en rêvant "depuis toute petite" de devenir "model". Ce n'est certes pas la toute première fois qu'une fille de couleur se qualifie pour représenter la France au casting international d'Elite: "L'an dernier, une des finalistes était métisse, et il y a eu Chantal Bolivar en 1994". La précision dit toutefois combien les visages de couleur restent marginaux sur les podiums. Le concours international Elite, qui existe depuis 1983, a notamment permis de découvrir Gisèle Bunchen, Cindy Crawford et Karen Mulder. Pourtant, les modèles d'Adama, c'est plutôt Naomi Campbell et Noémie Lenoir. Comme pour bon nombre des filles qui ont participé aux deux nouvelles selections locales Elite. Cette année, l'agence de mannequins vantait en effet deux nouveaux castings en banlieue, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et au centre commercial Belle-Epine (Val-de-Marne). L'opération n'est qu'a moitié réussie sur le front de la diversité: aucune des candidates "castées" dans les deux cités ne s'est finalement hissée parmi les douze finalistes. "Jusqu'à l'an dernier, les filles de couleur avaient disparu des podiums" De pubs L'Oreal (en pointe sur la "cosmétique ethnique") en défilés Jean-Paul Gauthier -souvent vanté comme "prince du métissage"-, en passant par le premier casting Elite au Sénégal cette année, les choses commencent bien à bouger. Mais à pas comptés. C'est ce que confirme Pierre-François Le Louët, au bureau de tendances Nelly Rodi:
Même tendance dans la presse féminine. Le mensuel Marie-Claire, qui s'interrogeait dans son numéro d'octobre "La mode est-elle raciste?" le reconnaît dans ses colonnes: "Nous ne pouvons nous prévaloir que d'une seule couverture avec un top model black, Naomi Campbell, il y a plus de dix ans." Le magazine constate d'ailleurs que les ventes s'étaient révélées "décevantes", et que, de leur côté, les annonceurs craignent souvent que "ça fasse trop Benetton". "Les gens associent couleur et métissage à la catégorie des dominés" Le psychanalyste Serge Le Pastier rappelle que c'est à la sortie de la guerre et dans les années 50 qu'on a commencé à "valoriser, sous l'influence du cinéma hollywoodien, la beauté blonde et scandinave":
Adama, elle, raconte explicitement qu'il lui "tient à coeur" de représenter les filles noires. Mais son père s'inquiète qu'Elite ou que sa fille elle-même ne surfe trop sur l'origine, "alors que ce sont ses qualités de mannequin qu'il faut mettre en avant". Source: www.rue89.com par Chloe Leprince. | |
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